Philippe Bodino,
directeur de l'École nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (ENSOSP)
« Cette école aura gagné quand la pédagogie et la formation en seront au cœur. »
Quelle est la place de la pédagogie à l'ENSOSP ?
« L'ENSOSP est à un virage, géographique et pédagogique. Nous allons en effet être délocalisés et vivre sur deux sites pendant deux ans, ce qui va impliquer des difficultés de fonctionnement Avec la construction physique de l'école à Aix-en-Provence après trente ans à Nainville-les-Roches, nous devons en même temps construire une nouvelle façon de voir l'école des officiers de sapeurs-pompiers. Le plateau technique nous permettra de « jouer » plusieurs situations opérationnelles et de faire plusieurs mises en situation au plus près de la réalité, dans le cœur de métier. Je pars du principe que la réussite de l'école dépend de son renouvellement pédagogique. Sa mission est de satisfaire l'attente des utilisateurs que sont les SDIS, l'État et les stagiaires eux-mêmes. Or, nous avons à faire à un métier qui développe énormément de savoirs-faire et de savoir-être, dans des champs très divers comme le management, la culture administrative et financière, la conduite des opérations de secours, la gestion des ressources humaines… Il faut rendre le stagiaire actif dans l'acte d'apprendre, c'est l'un des premiers devoirs d'une école d'application. Notre école repose sur quatre piliers. Le premier, est celui de la formation et de la pédagogie, le second, celui de la culture véhiculée auprès des stagiaires, le troisième sur la capacité à se positionner au cœur, voire en tête de réseaux, et, le quatrième sur la prospective et le développement. L'école aura gagné quand la pédagogie et la formation en seront au cœur. Toute l'école et ses partenaires extérieurs doivent oeuvrer pour une formation de qualité qui soit adaptée aux besoins des utilisateurs. Il faut mettre en place des méthodes pédagogiques actives, expurgées au maximum des méthodes magistrales, de répétition, renvoyées sous d'autres formes (enseignement à distance, complément de savoir, documentation…). Il nous faut donc anticiper des outils, un réseau, et des compétences.
Quels rapports entretenez-vous avec le CNFPT ?
Nous entretenons en premier lieu un rapport institutionnel. Le CNFPT est intégré à notre conseil d'administration (trois personnes) . Le CNFPT est, en outre, avec les SDIS et la DDSC, l'un de nos financeurs. De plus nous allons signer ensemble prochainement un contrat d'établissement triennal qui fixera les objectifs, les moyens, les échéances, les responsabilités. Nous entretenons également un rapport de collaboration sur les aspects pédagogiques. Nous nous appuyons sur leur expérience ; nous échangeons nos ressources. Nous nous intéressons à la façon dont le CNFPT gère ses stages au plan logiciel et organisationnel. Nous souhaitons entretenir un système de vases communicants qui permet de profiter des avancées de chacun .»
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