ggggg Centre National de la Fonction Publique Territoriale

Le dossier du mois

La prise en compte du développement durable dans les espaces verts

Les collectivités territoriales sont amenées à modifier leurs politiques face aux enjeux du développement durable. Les services espaces verts, plus particulièrement sur le volet environnemental, s’adaptent.

Les services espaces verts des collectivités ont connu de forts changements ces dernières années. Des changements d’ordre institutionnel, liés notamment à l’émergence des intercommunalités qui voient leurs compétences liées à l’environnement renforcées. La décentralisation a confié aux départements la maîtrise d’ouvrage, la gestion du paysage et du patrimoine arboré des routes et aux régions l’intervention dans les projets de développement du territoire (PDR). L’évolution du contexte législatif et réglementaire a lui aussi été important : lois sur l’aménagement du territoire, lois sur l’eau, Grenelle de l’environnement (Climat, Certiphyto). Les collectivités locales qui pratiquaient jusqu’aux années 1990 la gestion intensive horticole prennent désormais en compte le développement durable dans leurs politiques publiques. Elles se sont tournées vers les aménagements durables, les démarches qualité environnementale des espaces publics et notamment la gestion différenciée des espaces verts. Ce modèle de nature urbaine plus respectueuse de l’environnement, en rupture avec l’horticulture traditionnelle, a été officialisé en 1993 par les villes qui le pratiquaient. Il s’agit de nouvelles formes métissées, paysagères et biologiques, produites par des équipes composées d’horticulteurs, d’aménageurs et de naturalistes. Cette sensibilité à l’écologie s’est affirmée suite au Sommet de Rio (1992) et à l’émergence de la notion de « ville durable ». Depuis les années 2000, différentes pistes de création et de gestion environnementale des espaces publics sont apparues.
Actuellement, plusieurs alternatives d’organisation des services selon les choix politiques des villes en terme de développement durable sont visibles. Il peut s’agir d’une territorialisation des équipes d’espaces verts  comme à Montpellier ou Nice. Des équipes de jardiniers sont parfois intégrées à des pôles techniques de proximité. Des services espaces verts gérant en amont les missions d’aménagement, notamment de maîtrise d’ouvrage et de maîtrise d’œuvre (Rennes, Montpellier) se développent. Dans ces services, le taux d’encadrement par des cadres A augmente. La gestion durable dans les villes peut entraîner une intégration de chefs de projets paysage ou de concepteurs paysagistes dans les services de collectivités parfois hors services espaces verts (espaces publics, urbanisme, environnement). Les métiers les plus concernés par les changements ont été renommés, en lien avec ces évolutions : jardinier des espaces horticoles et naturels (ex jardinier) ; création du métier de chef de projet « paysage ». Pour la famille de métiers « espaces verts et paysages », les enquêtes du CNFPT auprès de 480 000 emplois indiquent les métiers les plus représentatifs quantitativement dans cette famille : jardinier (14 172), chargé de travaux espaces verts (1 260), directeur des espaces verts (239), coordonnateur gestion des espaces verts (212), responsable de production végétale (152), agent de production végétale (466).

Stages de formation réactifs
En 2009, parmi les actions de formation «interventions techniques» du CNFPT, recensées espaces verts et paysage, sans compter les nombreuses actions intra en lien direct avec les collectivités, on dénombre 931 actions espaces verts pour 2 939 jours formations (total technique 2 875 actions, 9 566 JF). Les stages espaces verts sont produits essentiellement (90 %) à l’attention des agents de catégorie C : pour les agents des services espaces verts, voirie, TOS, utilisateurs de produits phytosanitaires, agents polyvalents des petites collectivités locales.
Les structures du CNFPT proposent des formations « espaces verts » mais aussi des formations qui collent aux évolutions des commandes politiques et des compétences exigées pour chaque métier : stages plus réactifs à l’actualité « durable » des services, à la demande des élus de qualification paysagère de leur collectivité, de recherche d’image paysagère propice au développement local, stages liés au développement de l’événementiel paysager, sur des sujets liés à la maîtrise d’ouvrage ou à l’actualité du Grenelle de l’environnement.
Par ailleurs, les structures ont développé de nombreux itinéraires en 2009 par thématique (gestion différenciée…) ou par métier.
Gaëlle Aggeri, responsable du pôle de compétences paysages espaces verts détaille la politique du CNFPT : « En réponse à la forte représentativité de certains métiers (environ 75 000 agents), nous proposons au niveau national des itinéraires de référence « jardinier des espaces horticoles et naturels », « élagueur » pour les agents de catégorie C, déclinables par chaque structure régionale en fonction des ressources locales. Cependant, pour accompagner l’évolution des politiques territoriales et les pratiques durables comme « la gestion différenciée », ces métiers doivent être repensés en intégrant la gestion autant des espaces horticoles (jardins urbains, jardins historiques) que des espaces champêtres (agricultures urbaines, prairies naturelles), et des espaces naturels (réserves, forêts, espaces naturels urbains…), les espaces de médiation (jardins pédagogiques, jardins partagés, pieds d’immeubles...).  À l’issue des thématiques fondamentales de l’itinéraire, les jardiniers en prise de poste devront être capables de maîtriser les aspects scientifiques du monde vivant et les aspects techniques de la gestion des espaces verts pour les appliquer en situation de travail. En perfectionnement, ils auront la possibilité de choisir des formations déclinant six thématiques spécialisées complémentaires en fonction de leurs expériences professionnelles, de leurs missions, du type d’espaces qu’ils entretiennent, de la commande politique de leur collectivité (orientation économie en eau, alternatives au phytosanitaire, recyclage des déchets, accueil du public…). »
Pour les agents de catégories A+, A et B (directeurs de service espaces verts, paysagistes, chefs de projets en paysage), l’établissement, via les Enact ou les délégations, observe une montée en puissance de l’accompagnement de la maîtrise d’ouvrage. Il s’agit d’apporter des compétences en lecture du paysage, diagnostic paysager, recommandations de qualification du territoire en s’appuyant sur les procédures de planification du territoire : PLU, SCOT, Plan Paysage, Charte paysage dans un objectif durable de revalorisation de l’identité d’un territoire à des fins écologiques, touristiques, économiques, récréatives et de démarche qualité (label…). Il s’agit aussi de développer de nouvelles stratégies durables liées aux trames vertes, trames bleues, biodiversité, bio-climatisation des villes, évaluation.
Outre les formations, les agents des collectivités sont régulièrement conviés à des colloques européens, nationaux et régionaux qui leur permettent de bénéficier de l’expérience des collectivités pionnières sur des sujets précis tels que « Quel management stratégique des espaces verts en 2009 ? ». Chaque colloque est organisé en lien avec les réseaux professionnels, les chercheurs, partenaires des ministères. C’est le cas notamment du CERTU (centre d’étude sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques) qui organise un colloque avec le CNFPT en février 2010 sur la ville durable, stratégies, méthodes et savoir-faire. Un colloque à dimension européenne est prévu fin 2010 « Vers le zéro-phyto : santé, cohérence territoriale ».
Contact : gaelle.aggeri@cnfpt.fr

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