Avec la mise en place de formations sur la biodiversité en milieu urbain et une offre réactualisée dès 2010 pour répondre aux engagements du Grenelle, le CNFPT renforce son engagement en faveur du développement durable.
Faut-il le rappeler, le maintien de la biodiversité, c’est-à-dire de la diversité de toute forme de vie (végétaux, animaux, champignons, bactéries, virus…), est une des principales composantes du développement durable. L’Europe et la France au travers du Grenelle de l’environnement se sont fixées pour objectif de stopper le déclin de la biodiversité en s’engageant notamment à instaurer un cadre institutionnel cohérent. En cette année 2010 déclarée année mondiale de la biodiversité par l’Organisation des Nations-Unies, force est de constater qu’un changement est en train de s’opérer se traduisant par une rupture d’image de la représentation de la ville. Une gestion des plus respectueuses de l’environnement se met en place pour une construction de la ville avec le vivant. Opéré il y a 25 ans dans les pays d’Europe du Nord avec par exemple la mise en réseaux à Berlin de trames vertes intégrées dans les stratégies foncières pour conforter les migrations animales et végétales, ce « basculement » commence seulement à s’initier en France. Paradoxalement, toutes les clés de la biodiversité urbaine n’ont pas encore été découvertes. Comme l’explique Gaëlle Aggéri, responsable du pôle de compétences « espaces verts-paysage » du CNFPT « les recherches sont en cours. Le panel d’espèces faunistiques et floristiques qui vit en ville est encore mal connu et les chercheurs vérifient la fonctionnalité écologique des réseaux verts. Les collectivités locales ont, pour leur part, entrepris des démarches environnementales et appliqué une gestion différenciée depuis environ 20 ans. Les services espaces verts de ces collectivités jouent un rôle pédagogique de première importance auprès des usagers ; certains sont des « laboratoires du vivant » pour les professionnels de l’aménagement. Il est toutefois nécessaire aujourd’hui de “déchiffrer” toutes ces problématiques. Le CNFPT souhaite relever ce défi au travers de différentes actions, réunissant tous les acteurs publics de la biodiversité : État, recherche, collectivités, maîtres d’œuvre… »
De la stratégie au terrain
Depuis des années, des formations sur la biodiversité en milieu naturel sont donc proposées par le CNFPT qui développe aujourd’hui une offre en milieu urbain. Ces formations sont réalisées à tous les niveaux techniques et stratégiques. Des formations expertes pour les cadres accompagnent les engagements du Grenelle de l’environnement, comme par exemple, la mise en œuvre d’observatoires de la biodiversité urbaine, de projets « trame verte et trame bleue », de techniques alternatives de récupération des eaux pluviales. Des partenariats ont été noués entre l’IFORE*, l’ATEN** et l’ENACT de Montpellier pour développer une culture commune entre les agents des services eau, environnement, urbanisme, espaces verts des collectivités, mais aussi entre les agents d’État et les agents territoriaux.
Dans le cadre des formations « terrain », il est proposé des stages très pratiques, tournés sur l’expertise botanique et écologique tels que l’initiation à l’écologie des milieux (milieux des prairies, milieux humides, etc), la création de mares écologiques, de murs végétalisés…Ces formations permettent de revisiter les pratiques de terrain fondées sur une gestion respectueuse des écosystèmes (gestion différenciée, zéro-phyto) et contribuent ainsi à préserver ou à rapporter la biodiversité. « À la délégation des Pays de la Loire les formations accompagnent depuis le début des années 2000 l’apparition de la gestion différenciée des espaces verts, l’évolution du métier de jardinier vers une valorisation de la gestion et de l’entretien des espaces naturels, informe Jean-Michel Marchandeau, responsable de l’Unité Pédagogique « Interventions Techniques et Environnement ». L’acquisition de compétences scientifiques et professionnelles relevant du génie écologique a été intégrée dans les stages proposés au catalogue régional et principalement dans les formations « intra » conduites à la demande des collectivités de la région. Une illustration de cette évolution concerne la capacité à mesurer les progrès de la diversité à la suite du passage de modes de gestion horticoles vers des interventions respectueuses de l’environnement et des habitats naturels. »
Zéro-phyto : faire passer le message
Le CNFPT tisse par ailleurs de nombreux partenariats s’inscrivant dans le cadre des orientations fixées par François Deluga, président du CNFPT, en matière de développement durable. L’Etablissement vient ainsi de contractualiser un partenariat avec 9 villes françaises pionnières et Plante et Cité (voir entretien), plateforme nationale de référence pour les expérimentations et les conseils techniques en matière d’espaces verts créée en 2006 à l’initiative de collectivités, d’établissements de recherche et d’enseignement supérieur. Son objectif : la création d’un référentiel environnemental partagé pour la gestion des espaces verts. Ce label attractif sera susceptible d’être attribué aux jardins, espaces de nature ouverts au public, fondés sur une démarche de gestion écologique.
Enfin, le CNFPT a mis l’accent sur les alternatives aux pratiques phytosanitaires : depuis longtemps, les structures proposent des formations sur la dangerosité des matières actives et les pratiques raisonnées. Et pour se préparer au Grenelle qui rendra obligatoire la réduction de 50% des usages de produits phytosanitaires, pour diminuer l’impact sur la santé et la biodiversité, un groupe de travail de vingt personnes a été mis en place, chargé d’effectuer une veille sur toutes les pratiques territoriales qui vont vers le zéro-phyto. Point d’orgue : l’établissement est coorganisateur d’un colloque européen, prévu les 16 et 17 décembre 2010 à Versailles, intitulé «AITF/CNFPT : Vers les villes natures zéro-phyto : cohérence territoriale et santé ». Il y sera proposé un retour d’expériences de villes européennes qui sont passées à des politiques zéro-phyto mais également de collectivités françaises comme Strasbourg, Versailles, Paris ou Montpellier, exemplaires dans ce domaine.
Contacts :
gaelle.aggeri@cnfpt.fr
(ENACT Montpellier)
jeanmichel.marchandeau@cnfpt.fr
(DR Pays de la Loire)
philippe.souche@cnfpt.fr
(DR Poitou-Charentes)
daniele.lebailly@cnfpt.fr
(DR Haute Normandie)
marianne.michel@cnfpt.fr
(DR Midi-Pyrénées)
* Atelier technique des espaces naturels
** IFORE : Institut de formation de l’environnement
06/2010
04/2010
03/2010
02/2010
01/2010
01/2010